Suivez la couverture complète
Affaire Émile : des ossements du petit garçon retrouvés
"Les recherches dureront le temps qu'il sera nécessaire", a averti lors d'une conférence de presse au Vernet le colonel Pierre-Yves Bardy, commandant du groupement de gendarmerie des Alpes-de-Haute-Provence, en charge de sécuriser le secteur où travaillent les experts de terrain, dont des anthropologues, des maîtres-chiens, et des pilotes de drone. Pour faciliter ces recherches, le minuscule bourg de 25 habitants est à nouveau coupé du monde, pour au moins une semaine.
Les enquêteurs veulent "éviter que des randonneurs ou d'autres personnes ne viennent polluer le site". Toute la journée, dans le froid, sous un ciel redevenu bleu, les recherches se sont poursuivies, dans des conditions compliquées par les fortes pluies de la nuit précédente. C'est devant la difficulté à protéger le site, des curieux comme des intempéries, que les gendarmes ont entrepris de le recréer virtuellement.
Parmi les experts déployés sur le terrain, des spécialistes de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) se sont ainsi attachés à "cartographier et reconstituer en 3D une version numérique de la scène" de découverte du crâne de l'enfant, avec l'aide de drones, a expliqué le lieutenant Aurélien S., devant la presse, ce lundi après-midi.
Les drones prennent des photographies pour ensuite reconstituer l'ensemble de la scène. Ils sont capables de replacer les indices qui ont été récoltés, et permettent aussi de savoir où ils l'ont été. En revanche, a rappelé Aurélien S., "les drones ne sont pas capables de savoir ce qu'il s'est passé avant". Trois drones différents sont utilisés pour cette nouvelle phase de l'enquête, pour travailler chacun sur un périmètre donné. Les engins sont positionnés au centimètre près.
Les experts de la gendarmerie auront aussi pour tâche d'assister les recherches par des capteurs, dont des caméras infrarouges, pour détecter des éléments invisibles à l'œil nu.
La découverte de quelques ossements par une randonneuse, samedi 30 mars, a eu lieu "dans une zone en pleine nature, escarpée et pas toujours facile d'accès", qui avait été inspectée "plusieurs fois" depuis juillet, a précisé la porte-parole
de la gendarmerie, Marie-Laure Pezant. L'objectif sera donc de déterminer scientifiquement si le corps se trouvait bien à cet endroit dès la disparition de l'enfant, a-t-elle expliqué. Les anthropologues vont "essayer d'identifier si ces ossements étaient sur place ou s'ils ont pu être ramenés par une personne humaine, un animal, ou bien les conditions météo".
Lire aussi
REPORTAGE - "On n'a pas dormi de la nuit" : dans le village des parents d'Émile, l'espoir laisse place au recueillement
Quand il a disparu, le 8 juillet, Émile venait d'arriver pour l'été dans la résidence secondaire de ses grands-parents maternels, où la famille passe ses vacances depuis des années. Il aurait été vu pour la dernière fois par deux voisins, vers 17h15, dans la
rue principale du hameau.
Avec la découverte de samedi, la thèse de la chute accidentelle a regagné en crédibilité, après avoir semblé s'étioler suite aux multiples battues infructueuses menées autour de ce hameau montagnard. Ce rebondissement dramatique est survenu deux jours après une "mise en situation", sorte de reconstitution des faits à laquelle avaient participé 17 personnes, dont toutes celles présentes dans le hameau le 8 juillet, pour tenter de déterminer avec précision leurs faits et gestes.
Sur lemême thème